“Comptes rendus photographiques des sorties des naturalistes en lutte sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, août 2015-avril 2017” de Bruno Serralongue

Édition GwinZegal | 2019 | 25 €

On a tout vu, tout lu, tout entendu et tout dit et de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes. Celles et ceux parmi nous qui ont eu l’occasion de s’y rendre et de partager un moment avec quelques un.e de ses habitant.e.s au milieu des terres convoitées savent à quel point l’intérêt du lieu relève d’une générosité systématique : les gens, la flore, la faune.
Ces 1426 hectares menacés ont étés repérés en long, en large et en travers au fil du temps qui passait : on y a recensé, entre autres bestioles et plantes diverses et variées, 74 espèces protégées ; il s’agissait d’un chiffre laborieusement construit par de pseudos-échanges entre les favorables au “oui” et les défenseurs du “non”.
Plusieurs bilans et études successives ont pu estimer le poids des dégâts que causerait l’installation du fameux aéroport et de ses diverses infrastructures, voies d’accès, parking dégueulasses. Les nombreuses associations de protection de la nature qui s’y sont impliquées ont pu enrichir leurs dossiers grâce à de très nombreux élans bénévoles émanant de “simples” sympathisants concerné.e.s de près ou de loin, mais qui sont venues donner la main lors, notamment, des fameuses “sorties des naturalistes”.
Ces sorties, montées par un groupe informel composé de naturalistes professionnels et amateurs, ont travaillé durant des années sur une réponse au bla-bla officiel posé par nos décisionnaires adorés. Le fruit de leur travail a permis de poser les bases d’une contre-expertise fort utile dans la jungle des imbroglios juridico-légaux qui ont tenu tant de gens en haleine si longtemps.
Le résultat est donc une sorte d’inventaire de la faune et de flore, réalisés par des pros et des bénévoles, réuni.e.s régulièrement, dans une ambiance tout aussi studieuse qu’humainement chaleureuse. Et l’utilité du projet éclaira les dossiers avec intensité et pertinence : au bout du compte, on avait plus de 2000 espèces dont 130 protégées (quasiment le double du chiffre “officiel”, excusez du peu), et puis 5 espèces inconnues en France, des dizaines d’autres encore inconnues en Loire Atlantique, etc.
La manière dont ces études ont été mises en œuvre imposent le respect : c’est la force du collectif, motivé et sûr de son combat, qui a permis de collecter de quoi alimenter cette longue baston juridique. Ouvertes aux curieuses et aux curieux, on pouvait y aller en famille pour donner un coup de main, ou en expert.e du dimanche pour vérifier que l’on était pas trop largué.e. Encadrés par des pros, chacun rentrait chez lui en ayant appris des trucs, et en ayant contribué à ce bel élan de solidarité écolo.
Les photos de ce bouquin sont un témoignage de ces virées dominicales.